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March 26 rue boucherie 6eme episode
Et quand St-Etienne a été bombardé en 43 Mariquette est partie avec Yvonne dans un camion à charbon car plus rien ne circulait ni car ni train. C’était horrible mais pourtant que de bons souvenirs de cette époque. Les dimanche elles allaient se promener à la campagne avec les Badol . Sinon elles montaient à pied jusqu’à Chavanne, Valfleury elles en ont fait des marches. S’il pleuvait elles allaient quelques fois au cinéma ou elles se réunissaient chez les unes ou les autres pour jouer. Lorsqu’il y avait des kermesses elles y allaient après les vêpres. Car il était hors de questions de manquer la messe ou les vêpres .Elles allaient une fois par semaine au cours de chant ; tous les premiers dimanches la messe de 7h était pour communier et à 9h30 elles assistaient à la messe chantée. Et avant les vêpres elles allaient au catéchisme de persévérance.
C’était toute une série de prières qui avaient lieu l’après-midi Et tous les 15 jours après la messe elles se rendaient à la bibliothèque paroissiale. Même le jeudi il y avait la messe le matin et l’après-midi le patronage où on leur inculquait le catéchisme en première partie et la couture ensuite. Le samedi c’était les cours ménagers les après-midi ; elles apprenaient la couture, la broderie, le repassage, l’hygiène etc.… Elles sont dans les rares à cette époque qui ont fait l’école Supérieure. En principe les autres s’arrêtaient après le certificat d’étude mais je voulais qu’ ‘elles continuent quitte à faire des sacrifices. Ma mère a préparé son CAP de sténo et de comptabilité. A l’examen elle réussi la sténo mais échoue la comptabilité. Mariquette passe le même examen en 47 mais le rate malgré les cours de soutient que je lui paye. Ces cours ont lieu le soir route du Coin , elles y allaient à pied.
Elles y allaient seules le soir, à cette époque on ne craignait rien ce n’était pas comme aujourd’hui. La mémé a pleuré, Mariquette aussi et elle a redoublé.
Cette même année ma mère rentre à la Soie ; nous sommes le 09/11/45 et ceci « grâce » au décès du pépé. Elle n’avait jamais vu une usine de sa vie. Elle ne savait ni où aller ni à qui s’adresser. Le premier jour elle y est monté à pied (2,5km environ) elle ne savait tout simplement pas qu’il y avait un car. Après elle le prit mais pas toujours ; pour économiser un peu d’argent elle fait des voyages à pied. Mon dieu qu’ils étaient entassés dans ce car, il est vrai qu’à l’époque les gens n’avaient pas de voiture. Elle était payée à la quinzaine en espèce et elle donna toutes ses paies pour la mémé. A partir de ce moment elles sentirent un mieux financièrement, leur vie devint plus confortable ce qui n’empêcha pas la mémé de continuer à travailler dur.
La cuisine rue de la Boucherie
Deux ans après, Mariquette rentre à la Soie mais le temps c’est écoulé et elle n’est plus considérée comme une privilégiée donc elle travaillera plusieurs mois sans être payée. Enfin elle est embauchée. Elle travaille deux ans puis doit renouveler sa carte de séjour pour pouvoir travailler dans les bureaux. Tatan étant née en France elle se fait naturaliser. Disons qu’on lui a fait comprendre que si elle ne se faisait pas naturaliser on la garderait mais à l’atelier. Ensuite la mémé et Adeline font les démarches. Elles décident de partir en Espagne en 1949 mais il leur faut des passeports français. Elles vont les chercher avec Mayol (un commerçant réputé dans St-Chamond et qui avait ses entrées à la préfecture). Le père de Raphaël doit y aller aussi mais pas aux mêmes dates ; il les accompagne à la gare. Elles font le trajet St-Chamond-Lyon de nuit. Elles couchent à Barcelone. A Valence elles ont fait une queue pour obtenir les billets ! Si bien que la mémé a payer un membre du personnel pour qu’il aille les chercher. Durant le trajet une espagnole se sentant très mal la mémé lui propose un sucre avec de l ‘alcool de menthe ; au début elle refuse enfin elle accepte et après elle en redemande ! Dans le train ils jouaient de la guitare chantaient et soudain ils se disputent ça dégénère jusqu’à ce qu’ils en viennent aux mains. Et tout d’un coup quelqu’un crie : « La policia , la policia ! ! « et tout d’un coup plus de bagarre tout le monde s’arrête ils rangent les couteaux et se remettent à jouer de la guitare comme si de rien n’était. A Albacète elles couchent chez un particulier qui leur offre du lait avec des amandes pilées (orchata) elles avaient une soif terrible mais la mémé n’a jamais pu boire ça. Le lendemain elles prennent un car pour Villapalacio , un car qui prenait feu ! Elles sortirent en vitesse et allèrent dans un champ où il y avait un abri pour s’abriter du soleil. Elles arrivent à la nuit tombée et là elles sont accueillies par une nuée de gens. Le village venait tous les jours les attendre C’est le « tio Eluterio » qui les reçoit il était petit et très sec, le genre qui du haut de sa petite taille en imposait à tout le monde. A l’époque il possédait même un compte en banque et il avait un bureau ! Elles vont loger chez Eléonore une sœur de la mémé. Ici tout le monde mangeait dans le même plat ; ils n’avaient pas d’assiettes. S’ils en avaient ils ne s’en servaient pas car pour elles ils les sortirent avec les couteaux et les verres mais pas de fourchettes ni verres ils buvaient à la cruche. Un jour elles partent pour Biensevida à pied et ne reviennent qu’à la nuit il fait froid il n’y a pas de lumière je pense qu’elles ont eu la trouille !
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